Lancement du plan de vidéoprotection pour Paris

Discours du Premier ministre François FILLON: Lancement du plan de vidéoprotection pour Paris

Mesdames et Messieurs,

En 2007, le Gouvernement a lancé un plan d’équipement en vidéoprotection à l’échelle nationale, avec un volet spécifique pour Paris, dont la mise en oeuvre est désormais effective. L’événement qui nous réunit est un évènement qui fera date dans l’évolution de la politique de sécurité à Paris. Avec le déploiement de ce réseau de caméras dans l’ensemble des
arrondissements, Paris va combler son retard en la matière sur les grandes capitales européennes.

Je veux d’abord féliciter le Préfet de police, Michel GAUDIN qui a mené à bien ce programme, qui est un programme qui vient compléter les réformes qui ont été engagées pour renforcer la sécurité des Parisiens : la police d’agglomération d’abord, qui a permis d’abolir les frontières administratives entre Paris et la petite couronne ; les périmètres de sécurité renforcée ; et puis différents plans de lutte adaptés à des formes de délinquance qui, vous le savez mieux que quiconque, évoluent.

En dix ans la délinquance générale a baissé de 23,7% et le taux d’élucidation a quasiment doublé, atteignant près de 40%. Ces résultats c’est d’abord et avant tout, le résultat de l’engagement de tous les fonctionnaires de la Préfecture de police, et je veux profiter de l’occasion qui m’est donnée avec le ministre de l’Intérieur, pour vous remercier et à travers vous, pour saluer tous les fonctionnaires de la Préfecture de Police. Qu’est-ce que ces chiffres nous disent ?

Ils nous disent que le combat contre la délinquance est un combat qui est gagnable. Mais ils nous disent aussi que c’est un combat de long terme. C’est un combat qui exige de la ténacité. C’est un combat qui nécessite une mobilisation de toute la société française face à une culture de la violence que nos forces de sécurité ne peuvent pas enrayer à elles seules.

Les forces de sécurité sont là, naturellement pour assurer la sécurité de nos concitoyens mais devant la montée de la violence dans notre société, nous avons tous une part de responsabilité. Chacun d’entre nous, par son comportement, doit participer à cette lutte contre l’insécurité. Je veux remercier la Ville de Paris qui a apporté son adhésion et sa contribution à ce projet. Et je veux en particulier citer Philippe GOUJON qui a été l’un des premiers à militer pour sa mise en place.

Le déploiement de la vidéoprotection concerne aujourd’hui 250 caméras. Il sera achevé à la fin du premier semestre 2012 avec un peu plus de 1000 caméras. Ce réseau sera entièrement connecté. Il sera interopérable avec les 10000 caméras déjà réparties dans la ville, et notamment dans les transports et dans les centres commerciaux. Il s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation des moyens de la Préfecture de police, avec le projet d’un centre de commandement unique et avec le recours à toutes les technologies d’aide à la décision en matière de sécurité, de radio, de géolocalisation.

La vidéoprotection va transformer les métiers de la police et les méthodes de travail. C’est un apport fondamental pour la prévention de la délinquance ; pour l’orientation des patrouilles ; pour l’optimisation de la présence policière ; pour la réduction des délais d’intervention ; et pour la sécurité des fonctionnaires eux-mêmes.

 

Nous savons que l’interpellation d’un criminel tient parfois à quelques minutes. Nous savons aussi que la préservation d’une vie tient parfois à quelques minutes. Ce sont ces minutes cruciales que nous pourrons gagner avec le réseau de caméras extrêmement précis et coordonné, qui va entrer en service.

Quand on voit les images sur les écrans de contrôle – comme on vient de le faire – on sait tout de suite quelle est la nature du problème, combien de policiers il faut mobiliser, quels sont les risques qu’ils encourent. C’est donc un gain d’efficacité considérable.

La vidéo va également faire progresser l’élucidation des affaires judiciaires. Nous avons réformé notre régime de garde-à-vue et je sais que les enquêteurs nous ont dit et nous disent, combien cela rend leur travail plus complexe. Cette réforme était nécessaire, pour toute une série de raisons juridiques auxquelles nous ne pouvions pas nous dérober. Mais nous disposons maintenant de moyens innovants au service de l’investigation qui font que la technologie de la preuve viendra désormais compléter la culture de l’aveu.

Avec les apports de la vidéoprotection, avec les compétences de la police scientifique et technique que nous avons mises au service de la lutte contre la petite et moyenne délinquance, toutes les avancées scientifiques qui peuvent aider à la recherche de la vérité sont exploitées sans retard.

A l’heure où nous avons le devoir de maîtriser nos finances publiques, l’amélioration de la sécurité passe par cette modernisation technologique. L’augmentation permanente des effectifs depuis trente ans démontre d’ailleurs que la sécurité n’est pas qu’une question de postes. C’est aussi une question d’organisation, c’est une question de méthode, c’est une question de motivation, c’est une question de soutien politique.

On entend, dans cette période qui est particulièrement riche pour les débats, des propositions qui appellent à multiplier les embauches, ou bien à supprimer la Préfecture de police, ou encore à désarmer les polices municipales. Je considère que ces propositions ne sont pas réalistes et qu’elles ne sont pas responsables.

C’est dans le cadre d’une stratégie globale qu’il faut replacer ce déploiement de la vidéoprotection à Paris. C’est une stratégie qui repose d’abord sur la présence humaine des policiers, sur leur contact avec la population, sur leur discernement et sur leur savoir-faire.

Les caméras ne remplaceront jamais ces qualités qui forgent le respect que l’immense majorité des Français éprouve à l’égard de leurs policiers et de leurs gendarmes. Dans leur très grande majorité, nos concitoyens en effet ont confiance en vous et le disent.

Et c’est pour renforcer ce lien qui est essentiel au sentiment de sécurité que Claude GUEANT a engagé la réforme des patrouilleurs.

A cela s’ajoute le développement de la présence policière grâce à un dispositif d’heures supplémentaires qui représente l’équivalent de 1500 emplois au second semestre. Et puis il y a également la création de la Réserve civile dans la police, désormais accessible à tous les citoyens.

C’est vrai qu’à ses débuts, la vidéoprotection a suscité de la défiance ou des oppositions de la part de certains. On nous parlait abusivement d’un Big Brother et il est évident que personne ne veut cela. La Préfecture de police a défini une charte éthique fixant les principes qui doivent s’appliquer à la vidéoprotection au nom de la garantie des libertés.

Cette charte, cosignée par le Préfet de police et par le Maire de Paris, est accessible au public. Et un comité d’éthique a été créé. Je tiens d’ailleurs à en saluer les membres présents parmi nous.

Et je veux dire qu’ici à Paris, comme ailleurs, aucun abus ne sera toléré dans l’utilisation des images, et ce comité d’éthique est là pour y veiller.

Au moment où certaines polémiques cherchent à semer le trouble sur la loyauté des services de sécurité ; au moment où quelques faits graves mais qui sont des faits isolés suscitent l’indignation, je veux profiter de l’occasion qui m’est donnée avec la présence du Ministre de l’Intérieur, pour dire aux policiers et aux gendarmes toute l’estime et toute la confiance que m’inspire leur action au service de l’intérêt général.

Vous faites un travail remarquable.

Vous faites un travail difficile. Vous faites un travail dangereux, et je veux saluer la noblesse de votre engagement républicain.

Voilà, Mesdames et Messieurs, le message que je voulais vous adresser à vous et aux Parisiens qui sont attachés à leur sécurité et à leur liberté.

Hôtel de Matignon – 57, rue de Varenne 75007 PARIS

PREMIER MINISTRE