Ré-Election Historique d’Obama, encore !

Après un long suspense, une campagne à près de 2 milliards de dollars et un ouragan destructeur, le peuple américain a renouvelé sa confiance à son Commander-in-Chief Barack Obama (50%) au détriment du républicain Mitt Romney (48%).

Rarement une élection américaine n’aura été aussi polarisée entre les deux traditionnels partis, notamment sur les questions d’éducation, de dépenses publiques et sociétales telles que le mariage homosexuel ou le droit à l’avortement. Dans ce contexte, et à grâce une complexe procédure électorale, Barack Obama a su transformer l’essai avec au moins 303 Grands Electeurs sur les 270 nécessaires. Quant au Congrès, il devrait rester au statu quo, synonyme d’immobilisme, les démocrates conservant leur majorité au Senate et les républicains à la House of Representatives.

  • Que retenir de ce vote ?

« GM is alive, Osama is dead »

Malgré une économie morose, 61 millions d’électeurs n’ont pas oublié le leadership de la Maison Blanche pour éviter un effondrement du système suite à la crise financière de 2008 grâce à un plan de relance sans précédent. En particulier, l’industrie automobile a relevé la tête à Détroit avec General Motors qui reprend sa place de premier producteur mondial. Quant à la « Obamacare », promise aux oubliettes par l’ex-Gouverneur du Massachusetts et appuyée par de nombreux Super-PAC, n’a pas connu la fronde tant espérée par les conservateurs. Par ailleurs, Obama a de nouveau bénéficié du fort soutient des Afro-américains et des Latinos.

En politique extérieure, le bilan Obama/Clinton de ces quatre dernières années est contrasté. En effet, les troupes se sont retirées d’Irak et se retirent progressivement d’Afghanistan comme promis, sûrement la meilleure décision à prendre. En revanche, que retenir de la main tendue aux pays musulmans au lendemain de son arrivée au pouvoir ? Où en est la fermeture de Guantanomo ? Et quelle impuissance à relancer le processus de paix israélo-palestinien.

Un second mandat ne sera pas de trop. Mais au fond, la priorité des américains ne réside pas dans ces « préoccupations » internationales, ils en retiendront l’un des points forts : la fin de la traque de l’ennemi public numéro 1 : Oussama Ben Laden.

  • Que retenir du processus électoral ?

« Too close to call »

Un mécanisme de désignation présidentielle archaïque. Le Electoral College apparaît de moins en moins compris par les électeurs, mais la situation de 2000 où George W. Bush (R) avait reçu moins de voix que son rival au niveau national mais l’avait emporté sur Al Gore (D) grâce aux Etats riches en Grands Electeurs a été évitée.

De surcroît, il faut savoir que pour exercer son droit de vote, tout citoyen américain doit s’enregistrer préalablement sur les listes électorales, contrairement au système français, et prouver à cette occasion son identité. Dans un pays où posséder une carte d’identité n’est pas commun, la démarche administrative peut s’avérer une épreuve du combattant d’en certains Etats, et même discriminatoire pour les moins fortunés.

L’Inde, la plus grande démocratie du monde, a réussi à simplifier ce processus, pourquoi pas les Etats-Unis ?

On ne peut que regretter que les Français n’aient pas eu la même lucidité pour reconduire Nicolas Sarkozy, actif président pendant la crise et courageux sur les réformes structurelles.

A noter que la machine à gagner de Barack Obama a été initiée plus d’un an avant le scrutin, alors que le candidat UMP, battu de peu en mai dernier, ne s’est lancé dans la course que dans les 3 derniers mois. Il faut ajouter que les Etats-Unis ont 10 ans d’avance en matière de stratégie de campagne, par exemple sur les réseaux sociaux, l’analyse des datas et fichiers électoraux ou sur la sociologie comportementale des électeurs. Pour reconquérir le pouvoir politique, n’hésitons pas à regarder outre-Atlantique !

Grégoire Gauger
Délégué Jeunes Populaires

Lucas de Aragão
Associé Arko Advice